La légende de la boxe Mike Tyson et l’icône du catch Ric Flair montent sur le ring judiciaire. Ils ont déposé une plainte massive de 50 millions de dollars contre les anciens dirigeants de leur partenaire commercial, Carma HoldCo Inc.
La plainte de 76 pages, déposée devant le tribunal de district américain de l’Illinois par le prestigieux cabinet d’avocats new-yorkais Willkie Farr & Gallagher LLP, décrit une « conspiration RICO éhontée ». Les célébrités allèguent que les anciens cadres se sont livrés à une fraude électronique criminelle, à des détournements de fonds, à du blanchiment d’argent et à des transactions intéressées, traitant l’entreprise derrière les marques Tyson 2.0 et Ric Flair Drip comme leur distributeur automatique personnel.
Une vie de luxe aux frais de l’entreprise
La plainte vise l’ancien président de Carma, Chad Bronstein, l’ancien PDG Adam Wilks et l’ancienne directrice juridique Nicole Cosby. Selon le dossier, le trio aurait détourné plus d’un million de dollars pour des dépenses non autorisées.
Les allégations dépeignent un train de vie exorbitant financé par les fonds de l’entreprise. Les charges spécifiques incluent :
- Voyages personnels : Jets privés non autorisés et coûts associés au yacht personnel de Bronstein.
- Améliorations immobilières : Rénovations de la résidence de Bronstein et paiements hypothécaires pour la maison de Wilks.
- Biens de luxe : Une virée shopping à 3 000 chezGuccietunsysteˋmedecineˊmamaisonaˋ6350.
Le détail le plus surprenant concerne peut-être l’entraîneur des Los Angeles Rams, Sean McVay. Le procès allègue que Bronstein a utilisé l’argent de l’entreprise pour acheter une montre de 15 000 $ en cadeau pour McVay. Le dossier précise que McVay n’était pas au courant que l’achat avait été effectué sans l’approbation de l’entreprise.
Gestion non autorisée et le monde volatile du cannabis
Au-delà des dépenses, la poursuite vise la gestion opérationnelle des marques. Nicole Cosby, licenciée fin 2023, est accusée d’avoir vendu ou autorisé des droits de licence pour les marques des célébrités sans permission.
Cette affaire souligne les complexités des entreprises de cannabis soutenues par des célébrités. Si l’industrie repose fortement sur la notoriété, comme le montrent Cheech & Chong qui préparent leur apparition au Comic Con d’El Paso en 2026 ou encore les moments viraux plus modernes comme la vidéo « 4 Raws Remix » de Timothée Chalamet, le maintien du contrôle financier reste un défi majeur. Pour stabiliser le navire, Mike Tyson a d’ailleurs renforcé son implication en devenant PDG de l’entreprise en avril dernier.
« De la fiction déguisée en procès »
Les accusés ont vigoureusement nié les faits, qualifiant la poursuite de tactique d’intimidation.
Jonathan Cyrluk, représentant Bronstein et Cosby, a déclaré à Front Office Sports que la plainte est « de la fiction déguisée en procès ».
« Avant de déposer plainte, les plaignants ont essayé d’intimider mes clients avec des demandes de règlement qui ressemblaient plus à de l’extorsion qu’à une réclamation légale », a déclaré Cyrluk, suggérant que le procès vise à forcer la cession des actions Carma.
Terry Campbell, un autre avocat de la défense, a lancé une pique sur le passé de Tyson, déclarant que ces réclamations étaient « une tentative de recracher une oreille pleine de gros titres salaces » — une référence au célèbre combat de 1997 entre Tyson et Evander Holyfield. Campbell a insisté sur le fait que les allégations sont « sans substance » et que son client n’a rien fait de mal.
Alors que cette bataille juridique à enjeux élevés se déroule, TheCannex continuera de surveiller l’impact de ce conflit sur deux des marques les plus reconnaissables de l’industrie du cannabis.