La plupart des études sur le cannabis et la douleur durent quelques semaines, rarement plus d’un an. Ensuite le suivi s’arrête, les patients rentrent chez eux et personne ne sait ce qu’ils deviennent cinq ou dix ans plus tard. Une équipe israélienne a choisi de ne pas détourner le regard. Elle a suivi mille personnes souffrant de lombalgie chronique pendant une décennie entière, de 2015 à 2024, en notant chaque année la quantité d’opioïdes qu’elles prenaient, l’intensité de leur douleur et leur capacité à accomplir les gestes du quotidien. Les chiffres publiés sont inhabituellement élevés. Les réserves des auteurs le sont tout autant.
L’étude, signée par Muhammad Khatib, Dror Robinson et leurs collègues du Rabin Medical Center et de l’université de Tel-Aviv, est parue dans l’European Spine Journal et consultable en accès libre à l’adresse https://doi.org/10.1007/s00586-026-10290-y. Il s’agit du plus long suivi de cannabis médical dans la lombalgie publié à ce jour. Pour le lecteur français, une précision s’impose d’emblée : ces données proviennent d’un pays où le cannabis à usage médical est prescrit depuis plus de dix ans dans un cadre réglementé, et la lombalgie chronique d’origine mécanique ne fait pas partie des indications retenues par le dispositif français. Cet article rend compte d’un travail scientifique ; il ne décrit ni ne suggère une option accessible aux patients en France.
L’essentiel
Parmi les 638 patients qui ont achevé les dix ans de suivi, la consommation quotidienne d’opioïdes est passée de 62,8 à 6,4 milligrammes d’équivalent morphine, soit une baisse de 89,8 pour cent, et 91,2 pour cent ont réduit leur dose d’au moins la moitié. La douleur sur une échelle de 0 à 10 est passée de 8,71 à 1,37, et l’incapacité fonctionnelle mesurée par l’indice d’Oswestry s’est améliorée de 52,9 à 36,8 pour cent, mais cette amélioration est arrivée des années après le soulagement de la douleur. La proportion de patients prenant du tramadol, des benzodiazépines, des antidépresseurs ISRS ou des gabapentinoïdes est tombée de 78–90 pour cent à environ 5 pour cent ou moins. La dose de cannabis s’est stabilisée dès la deuxième année autour de 39 grammes par mois sans augmenter ensuite, et les événements psychiatriques graves ont concerné 0,02 pour cent des consultations. L’étude n’avait pas de groupe témoin, a perdu 36 pour cent de ses participants en dix ans et a obtenu des effets plusieurs fois supérieurs à ceux du meilleur essai randomisé dans la même pathologie, ce que les auteurs eux-mêmes lisent comme le signe de biais. Ils qualifient leurs résultats de générateurs d’hypothèses, et non de raisons de modifier la pratique clinique.
Qui participait
Il ne s’agissait pas de consommateurs occasionnels cherchant à soulager leur dos. Le registre a inclus 1 000 adultes consécutifs entre janvier et décembre 2015, chacun devant remplir une liste stricte de conditions. La lombalgie devait être confirmée par scanner ou IRM avec une cause structurelle : sténose du canal lombaire dans 48,6 pour cent des cas, dégénérescence discale dans 26,9 pour cent, douleur vertébrogène dans 22,9 pour cent, et 42 pour cent présentaient plus d’une anomalie. Les patients devaient prendre des opioïdes en continu depuis au moins un an. La kinésithérapie, les anti-inflammatoires et les opioïdes eux-mêmes devaient déjà avoir échoué. Et ils ne devaient jamais avoir consommé de cannabis de leur vie, ce que l’on a vérifié par l’anamnèse et par analyse d’urine.
Le patient moyen avait 48,9 ans, 64 pour cent étaient des hommes et la douleur durait en moyenne depuis 9,8 ans. Les valeurs de départ décrivent un groupe gravement atteint : douleur moyenne de 8,64 sur 10, dose moyenne d’opioïdes de 59,6 milligrammes d’équivalent morphine par jour et indice d’Oswestry de 52,7 pour cent, ce qui correspond à une incapacité modérée à sévère. La polymédication était la règle : 89,7 pour cent prenaient du tramadol ou du tapentadol, 78,8 pour cent des benzodiazépines, 77,7 pour cent des ISRS et 31,3 pour cent des gabapentinoïdes. Ont été exclus les patients atteints d’un cancer actif, les femmes enceintes, les personnes souffrant de troubles psychiatriques graves ayant nécessité une hospitalisation et celles présentant une dépendance à une substance autre que les opioïdes prescrits.
Ce point est décisif pour lire les résultats. Il s’agissait de patients d’une clinique orthopédique spécialisée dans la douleur, dernier recours après de nombreux traitements infructueux, avec une pathologie confirmée et des doses élevées d’opioïdes. Un groupe, comme le reconnaissent les auteurs, avec une large marge d’amélioration.
Comment s’est déroulé le traitement
Le cannabis a été prescrit sous surveillance médicale selon la réglementation israélienne et fourni par des producteurs agréés. Les produits étaient des fleurs séchées destinées à la vaporisation, et non à la combustion, afin d’éviter les produits de pyrolyse, et des huiles de cannabis par voie orale ou sublinguale. La posologie suivait le principe « commencer bas, augmenter lentement » : les produits à dominante THC débutaient généralement à 2,5 à 5 milligrammes de THC et étaient ajustés sur deux à quatre semaines.
Un détail du protocole mérite attention. Il n’existait aucune procédure obligatoire de sevrage des opioïdes ni des autres médicaments. Le médecin traitant décidait avec chaque patient de réduire ou non les autres traitements, et à quel moment. Cela rapproche les réductions de la pratique réelle, mais cela signifie aussi que l’effet du cannabis ne peut pas être distingué de l’effet d’un médecin qui accompagne activement la décroissance.
Les patients ont été évalués au départ, puis une fois par an pendant dix ans. Le recueil des données a été confié à du personnel de recherche indépendant, et non aux médecins traitants, afin d’éviter que ceux-ci ne consignent inconsciemment des résultats plus favorables.
Les chiffres sur les opioïdes
Le critère principal était la consommation d’opioïdes en milligrammes d’équivalent morphine (MMEQ), une unité standard qui permet de comparer différents opioïdes entre eux. Chez les 638 patients ayant achevé le suivi, le MMEQ est passé de 62,8 milligrammes par jour au départ à 6,4 milligrammes par jour à la dixième année, une réduction de 89,8 pour cent. La taille d’effet statistique, un d de Cohen de 2,19, est considérée comme très grande.
La baisse a été rapide. Dès la fin de la première année, le MMEQ moyen était tombé à 3,1 milligrammes par jour, 94,8 pour cent sous la valeur initiale, et il est resté bas les neuf années suivantes. À la dixième année, 91,2 pour cent des patients (582 sur 638) avaient réduit leur dose d’opioïdes d’au moins la moitié, le seuil fixé à l’avance par les chercheurs comme cliniquement significatif. Seuls 6,6 pour cent (42 patients) avaient cessé complètement les opioïdes.
À titre de comparaison, les auteurs citent la revue systématique de Noori et ses collègues dans BMJ Open, publiée en 2021, qui a regroupé des études observationnelles et trouvé une réduction moyenne de 22,5 milligrammes d’équivalent morphine lorsque du cannabis était ajouté. Dans la cohorte israélienne, la réduction moyenne a été de 56,4 milligrammes. Cet écart est l’une des raisons pour lesquelles les auteurs se méfient de leurs propres chiffres.
Douleur et fonction : deux calendriers différents
L’intensité de la douleur sur l’échelle numérique de 0 à 10 est passée de 8,71 au départ à 1,37 à la dixième année, soit une réduction de 84,2 pour cent. À la fin de l’étude, 96,6 pour cent des patients avaient obtenu une réduction de la douleur d’au moins 30 pour cent, et 89,2 pour cent déclaraient un score de 3 ou moins, ce que l’on décrit habituellement comme une douleur légère.
L’incapacité fonctionnelle a suivi un rythme plus lent. L’indice d’Oswestry est passé de 52,9 à 36,8 pour cent, une amélioration de 16,1 points qui dépasse le seuil admis de 10 points pour un changement significatif. Mais seuls 62,1 pour cent des patients ont atteint ce seuil, contre plus de 90 pour cent pour la douleur et les opioïdes. Et le calendrier était nettement différent : l’Oswestry n’a presque pas bougé jusqu’à la cinquième année (50,5 pour cent), puis s’est nettement amélioré entre la septième (47,2 pour cent) et la dixième année.
L’explication avancée par les auteurs est que l’incapacité dans la lombalgie chronique ne dépend pas seulement des signaux douloureux. Elle inclut des muscles affaiblis, la peur du mouvement, une humeur basse et des années d’habitudes d’évitement. Réduire la douleur est une première étape ; retrouver la fonction peut demander des années de reconditionnement progressif. C’est une interprétation plausible, mais c’est précisément le type de schéma qu’une étude sans groupe témoin ne peut pas confirmer.
La polymédication s’est effondrée
Le tableau le plus frappant de l’article concerne peut-être les autres médicaments. Chez les patients ayant achevé le suivi, l’usage de tramadol et de tapentadol est passé de 89,7 à 5,6 pour cent. Les benzodiazépines, de 78,8 à 5,3 pour cent. Les antidépresseurs ISRS, de 77,7 à 5,8 pour cent. Les gabapentinoïdes, de 31,3 à 0,6 pour cent. La plupart de ces changements se sont produits au cours des deux premières années, en parallèle de la baisse des opioïdes.
Les auteurs avancent que le cannabis pourrait agir sur plusieurs symptômes à la fois, le système endocannabinoïde intervenant dans la douleur, l’humeur, l’anxiété et le sommeil. C’est une hypothèse, non un mécanisme démontré. Et il faut garder à l’esprit qu’aucune de ces réductions n’était dictée par un protocole. Elles reflètent des milliers de décisions individuelles de médecins et de patients qui savaient participer à un registre consacré au cannabis.
La dose n’a pas augmenté
Une inquiétude fréquente lors de tout usage prolongé d’une substance psychoactive est la tolérance : le besoin d’en prendre toujours plus pour obtenir le même effet. Les données du registre vont dans le sens contraire. La consommation moyenne a atteint 38,7 grammes par mois la deuxième année et s’est maintenue à un niveau relativement stable jusqu’à la dixième (47,5 grammes par mois, avec une moyenne de 40,9 grammes sur la décennie). Le rapport THC/CBD était d’environ 3,8 pour 1, avec en moyenne 7,8 grammes de THC et 2,0 grammes de CBD par mois. La fleur vaporisée était la voie principale pour 62 pour cent des patients, les huiles orales pour 31 pour cent et 7 pour cent combinaient les deux.
Une observation connexe : aucun patient n’a abandonné pour inefficacité ou effets indésirables intolérables après la deuxième année, et aucun cas de trouble de l’usage du cannabis n’a été enregistré. Les auteurs précisent qu’ils n’ont pas évalué ce trouble avec des instruments validés, de sorte que son absence est une observation, non un résultat mesuré.
Effets indésirables sur 8 089 consultations
Sur 8 089 consultations, des événements indésirables ont été notés dans 26,5 pour cent des cas. Mais ce chiffre inclut les plaintes pour soulagement insuffisant de la douleur. Une fois les véritables effets secondaires du produit séparés des plaintes d’efficacité, le taux de problèmes de tolérance s’établit à 11,4 pour cent des consultations. Les plus fréquents étaient la sécheresse buccale (5,2 pour cent), les troubles digestifs incluant nausées et modifications de l’appétit (3,6 pour cent), les yeux rouges (1,6 pour cent), l’hypotension (0,4 pour cent), les troubles cognitifs (0,3 pour cent), les palpitations (0,2 pour cent) et les vertiges (0,1 pour cent).
Les événements psychiatriques graves, définis comme une psychose ou un trouble sévère de l’humeur, sont survenus lors de deux consultations, soit 0,02 pour cent. Aucune hospitalisation ni aucun décès n’ont été attribués au traitement. Les auteurs attribuent ces taux faibles à la surveillance médicale, à des produits de teneur connue en cannabinoïdes, à l’ajustement progressif des doses et à l’exclusion des patients aux antécédents psychiatriques lourds. Pour situer ces chiffres : les données sur le cannabis médical à haute teneur en THC restent minces, et cette cohorte utilisait des doses modérées et encadrées.
Pourquoi les auteurs ne croient pas leurs propres chiffres
C’est ici que l’article devient inhabituel. Au lieu de se féliciter, les chercheurs consacrent une grande partie de leur discussion à expliquer pourquoi les tailles d’effet sont probablement trop belles pour être vraies.
La comparaison centrale est faite avec l’essai de phase 3 de Karst et ses collègues, publié dans Nature Medicine en 2025. Cet essai a administré à 820 patients souffrant de lombalgie chronique soit un extrait de cannabis à spectre complet, soit un placebo. La douleur du groupe cannabis a baissé de 1,9 point sur la même échelle de 0 à 10, mais le groupe placebo s’est lui aussi amélioré, si bien que la différence réellement attribuable au cannabis a été de 0,6 point. Quelque 54,1 pour cent des patients sous cannabis ont obtenu une réduction de la douleur de 30 pour cent, contre 39,5 pour cent sous placebo. C’est un effet réel mais modeste.
La cohorte israélienne rapporte une réduction de la douleur de 7,34 points et un taux de réponse de 96,6 pour cent. L’écart n’est pas une question de degré, mais d’ordre de grandeur. Les auteurs énumèrent sans détour les causes probables. Sans groupe témoin, l’étude ne peut distinguer l’effet du produit de la régression vers la moyenne (les patients s’inscrivent quand ils vont le plus mal, puis reviennent naturellement vers leur état habituel), des effets placebo et d’attente, des changements dans les autres traitements ou de l’évolution naturelle de la maladie. Surtout, 36,2 pour cent des patients ont quitté l’étude au cours des dix ans. Les auteurs indiquent que les sortants ne différaient pas des autres au départ et qu’ils sont partis pour des raisons telles qu’un déménagement, non pour échec du traitement ; il n’en reste pas moins qu’une décennie d’attrition a pu concentrer la cohorte finale en « super-répondeurs » dont l’expérience ne reflète pas celle de l’ensemble du groupe.
Les chercheurs ont mené des analyses de sensibilité pour le vérifier. Un modèle à effets mixtes intégrant les 8 089 observations, y compris celles des patients partis ensuite, montre une baisse de la consommation d’opioïdes de 5,3 milligrammes par an, de la douleur de 0,73 point par an et de l’incapacité de 1,6 point par an. Reporter la dernière valeur connue pour l’ensemble des 1 000 patients donne des estimations à dix ans de 6,8 milligrammes de MMEQ, 1,52 pour la douleur et 38,4 pour cent d’incapacité, proches des chiffres des patients ayant achevé le suivi. Cette cohérence rassure un peu, mais, comme le reconnaissent les auteurs, aucune de ces méthodes n’exclut totalement un abandon informatif. Ils soulignent aussi qu’un seul centre, dans un pays doté d’un système réglementaire particulier, n’est pas nécessairement transposable à d’autres systèmes de santé, ce qu’il est utile de garder en mémoire en lisant comment fonctionne le programme israélien de cannabis médical et pourquoi son nombre de patients recule.
Ce que cela change, ou non, pour la France
La lombalgie est la première cause d’incapacité dans le monde. Selon la Global Burden of Disease Study 2021, elle touchait 619 millions de personnes en 2020, avec des projections dépassant 843 millions en 2050. La France n’y échappe pas : le mal de dos est l’un des premiers motifs de consultation en médecine générale et d’arrêt de travail. Mais le cadre juridique français ne ressemble en rien à celui de l’étude, et il convient de distinguer trois régimes qui ne se recoupent pas.
Le premier est pharmaceutique. Un médicament à base de cannabis ne peut être prescrit en France que s’il dispose d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’ANSM ou par l’Agence européenne des médicaments, ou d’un statut d’accès dérogatoire. Aucun médicament de ce type n’est autorisé pour la lombalgie chronique d’origine mécanique.
Le deuxième est celui du cannabis à usage médical au sens strict. L’expérimentation pilotée par l’ANSM depuis 2021, plusieurs fois prolongée, a porté sur cinq situations cliniques : les douleurs neuropathiques réfractaires, certaines épilepsies pharmacorésistantes, les symptômes rebelles en oncologie, les situations palliatives et la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques. La lombalgie chronique liée à une sténose ou à une dégénérescence discale, qui constitue le cœur de la cohorte israélienne, n’en fait pas partie. Le passage de l’expérimentation à un dispositif pérenne, dont The Cannex a suivi le calendrier vers 2027 et le cadre de remboursement annoncé, s’inscrit dans ce périmètre étroit et sous un statut temporaire d’autorisation encadré par l’ANSM.
Le troisième est celui du CBD de consommation. Depuis l’arrêt Kanavape de la Cour de justice de l’Union européenne (affaire C-663/18, novembre 2020), un État membre ne peut interdire la commercialisation du CBD légalement produit dans un autre État membre ; l’arrêté du 30 décembre 2021 avait tenté d’interdire la vente de fleurs et feuilles brutes, avant que le Conseil d’État ne l’annule le 29 décembre 2022. Ce marché ne relève ni du médicament ni du cannabis à usage médical, et il ne concerne que des produits dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,3 pour cent. Depuis le 15 mai 2026, les produits comestibles au CBD font en outre l’objet d’un plan de contrôle Novel Food conduit par la DGAL. Rien dans l’étude israélienne, qui portait sur des produits à dominante THC dans un rapport de 3,8 pour 1, ne se rapporte à ce marché.
Enfin, une différence de fond mérite d’être rappelée. L’étude israélienne s’inscrit dans le contexte d’une crise des opioïdes qui a poussé Israël, les États-Unis et le Canada à chercher des alternatives. La France n’a pas connu cette crise dans les mêmes proportions ; la prescription d’opioïdes forts y reste strictement encadrée et les doses de départ observées dans la cohorte, près de 60 milligrammes d’équivalent morphine par jour pendant plus d’un an pour une douleur non cancéreuse, sont rares en médecine de ville. La question à laquelle répond l’étude n’est donc pas celle qui se pose en France.
Ce qui reste transposable, c’est la leçon méthodologique. L’essai de Karst montre ce que vaut l’effet réel du cannabis dans la lombalgie lorsqu’il est mesuré contre placebo : peu. Le registre israélien montre ce qui peut se produire chez un groupe sélectionné et suivi par des médecins pendant dix ans lorsqu’on observe sans témoin. Les deux ensemble donnent une image plus honnête que l’un ou l’autre chiffre pris isolément. Des travaux antérieurs commentés par The Cannex, comme une cohorte australienne rapportant une baisse des opioïdes ou une comparaison entre cannabis et ibuprofène, allaient dans le même sens sur des durées plus courtes.
Les auteurs concluent par la liste de ce que devraient faire les prochains essais : comparer le cannabis à des traitements actifs plutôt qu’au placebo, inclure des patients de médecine générale et non seulement des patients adressés à des centres spécialisés, utiliser des formulations standardisées, mesurer la qualité de vie et les facteurs psychologiques, et dépister systématiquement le trouble de l’usage. Tant que ces essais n’existent pas, écrivent-ils, ces résultats ne doivent pas modifier la pratique clinique.
Questions fréquentes
Sur 1 000 inclus, 638 (63,8 pour cent) ont accompli les dix évaluations annuelles. La rétention était de 100 pour cent la première année, 92,8 la deuxième, 91,8 la troisième, 82,5 la cinquième et 74,5 pour cent la septième. Les sorties ont été attribuées à la préférence du patient (42 pour cent, y compris des déménagements vers des zones sans accès au cannabis), à un changement de domicile (18,2 pour cent), à une perte de contact (33,3 pour cent) et à des décès sans lien avec l’étude (6,5 pour cent).
Non. Elle n’avait pas de groupe de comparaison et ne peut donc pas établir que le cannabis a causé les améliorations. Les auteurs qualifient eux-mêmes leurs résultats de preuves de très faible certitude et soulignent que leurs effets dépassent de loin ceux du seul grand essai randomisé dans la même pathologie. L’étude montre ce qui est arrivé à un groupe de patients suivis pendant dix ans ; elle ne montre pas ce qui se serait passé sans cannabis.
Non, en l’état du droit. Le cannabis à usage médical n’est accessible en France que dans le périmètre défini par l’ANSM, qui couvre cinq situations cliniques réfractaires, principalement les douleurs neuropathiques, certaines épilepsies, les symptômes rebelles en oncologie, les soins palliatifs et la spasticité de la sclérose en plaques. La lombalgie chronique d’origine mécanique n’en fait pas partie. Aucun médicament à base de cannabis ne dispose par ailleurs d’une autorisation de mise sur le marché dans cette indication. En dehors de ce cadre, la détention et l’usage de cannabis restent des infractions pénales, et l’article L3421-4 du Code de la santé publique réprime la présentation de l’usage sous un jour favorable. Les produits au CBD vendus légalement ne relèvent pas du cannabis médical et ne sont pas comparables aux produits de l’étude.
Chez les patients ayant achevé le suivi, la consommation moyenne s’est stabilisée dès la deuxième année autour de 39 grammes de fleurs séchées ou équivalent par mois et s’est établie en moyenne à 40,9 grammes mensuels sur la décennie, avec un rapport THC/CBD d’environ 3,8 pour 1. Les doses initiales de THC étaient de 2,5 à 5 milligrammes, augmentées progressivement sur deux à quatre semaines sous surveillance médicale. Ces valeurs décrivent ce qui a été observé dans une population d’étude et ne constituent en aucun cas une indication d’usage.
Avertissement
Cet article a une vocation exclusivement informative et éducative. Il rend compte d’une étude observationnelle publiée et ne constitue ni un avis médical, ni une recommandation d’usage du cannabis ou de toute autre substance, ni un substitut à une consultation auprès d’un professionnel de santé. L’étude décrite a été conduite en Israël, dans le cadre de la réglementation locale du cannabis à usage médical et sous surveillance médicale. En France, l’usage, la détention, l’acquisition et la culture de cannabis sont interdits et sanctionnés par le Code pénal et le Code de la santé publique ; la présentation de l’usage de stupéfiants sous un jour favorable est réprimée par l’article L3421-4 du Code de la santé publique. Le cannabis à usage médical n’est accessible qu’aux patients relevant du dispositif encadré par l’ANSM, pour des indications qui n’incluent pas la lombalgie chronique d’origine mécanique. Les chiffres reproduits ici sont des résultats de recherche et non des propriétés attribuables à un produit quelconque. Ne modifiez aucun traitement, notamment opioïde ou autre médicament sur ordonnance, sans l’avis de votre médecin traitant. The Cannex ne recommande aucun produit ni fournisseur.